Au début du 1er confinement, je vous avais alertés sur la nécessité de placer en télétravail les salariés des agences, d’adopter des consignes équitables et communes à tous, et de clarifier rapidement la situation : je vous renvoie mon mail du 18 mars en pièce jointe pour mémoire.

Or de nouveau, nos élus sont saisis par des salariés qui ne comprennent pas la situation et s’inquiètent vivement.

Nous recevons une succession de mails depuis l’annonce du nouveau confinement dans lesquels il nous est indiqué que « ce confinement est différent du premier », que nous attendons une forte activité, que nos agences et nos MOS et cabinets de recrutement doivent rester ouverts et accueillir les intérimaires.

Et de nouveau l’affirmation que le travail à distance sera organisé par le management local qui aura  « la possibilité de se réorganiser et mobiliser le télétravail selon l’activité de l’agence, la nature des Process de nos clients, le nombre de collaborateurs dans l’équipe et l’espace disponible dans l’agence. »

Or je vous envoie le nouveau protocole sanitaire applicable depuis vendredi dernier, dont vous avez nécessairement connaissance, et qui indique que le télétravail redevient la règle pour l’ensemble des activités qui le permettent, et ce, à 100 % pour les salariés qui peuvent effectuer l’ensemble de leurs tâches à distance.

A priori un salarié qui a télétravaillé à 100% pendant le 1er confinement qui a duré 2 mois est un salarié qui peut effectuer l’ensemble de ses tâches à distance.

A défaut, il faut déterminer ce qui aurait changé dans les tâches de ce salarié et justifierait d’agir différemment. Le Gouvernement nous indique un seul critère d’ajustement : les tâches du salarié.

Cette grille de lecture n’est pas à la main des managers : c’est une ligne directrice qui doit être fixée par l’entreprise, non seulement de manière équitable et transparente, mais en tenant compte du protocole, des obligations de notre entreprise et de ses salariés citoyens vis-à-vis des consignes gouvernementales et des enjeux de la crise sanitaire, et bien entendu également en protégeant la santé des salariés (permanents et intérimaires) au mieux de ce qui peut être mis en place.

Le protocole précise d’ailleurs aussi que « Dans les autres cas, l’organisation du travail doit permettre de réduire les déplacements domicile-travail et d’aménager le temps de présence en entreprise pour l’exécution des tâches qui ne peuvent être réalisées en télétravail, pour réduire les interactions sociales » et en adaptant « les horaires de départ et d’arrivée du salarié afin de limiter l’affluence aux heures de pointe ».

Que devrons nous répondre aux salariés qui s’inquiètent de ne pas être placés en télétravail à l’inverse de ce qui a été fait au printemps et de ce qui leur est annoncé par le Gouvernement et dans les médias ? Ou à ceux qui constateraient des disparités de traitement entre les régions et agences ?

Il faut des règles claires pour être comprises et acceptées. Et elles doivent reposer sur des critères pertinents et objectifs pour être justifiées et compatibles avec l’égalité de traitement et avec les consignes sanitaires du Gouvernement.

Enfin elles doivent répondre au mieux à la protection de la santé des salariés dans le cadre d’une circulation du virus redevenue très intense et des risques accrus que représente la saturation des services hospitaliers.

Syndicalement, je vous demande de nous présenter ces règles et de ne pas les laisser à la main des managers qui n’ont ni la responsabilité, ni les moyens, de devoir localement les établir.

Et ces règles doivent être discutées avec les partenaires sociaux. Il faut donc nous convoquer en urgence à cet effet.

J’ai bien conscience des difficultés qui se posent à nouveau pour que notre entreprise organise ses activités et sa continuité de service. Mais ne laissons pas ces enjeux cruciaux à une gestion disparate et floue.

Dans l’attente de poursuivre nos échanges, et vous assurant ma complète mobilisation,

Bien cordialement,

Sandrine Verdier – Déléguée Syndicale Centrale UNSA